INVENTAIRE
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auteur : FRÈRE MOIMÊME




Tot le matin. (7h ! )
À la fenêtre.
Vision :
Morceau de ciel immensément bleu.
Vol infatigable de martinets (presque pas d’hirondelles).
Quelques pigeons aussi (mais rien à voir avec les emplumés urbains qui chient sur tout Paris).
Toits pentus de tuiles où pullulent hérissées les antennes du grand malheur audio-visuel (millions de victimes- dont moi).
Bouts de murs de pierres blanchis par le soleil (territoire de chaleur verticale pour expos de lézards).
Hautes branches de hauts arbres dominant les maisons.
Femme et tapis se secouant d’une fenêtre.
Poteaux téléphoniques.
Pylones électriques.
Clochers catholiques.

Ciel ? incommensurable.
Martinets ? innombrables.
Hirondelles ? deux.
Pigeons ? trois-peut-être quatre.
Antennes ? trop.
Toits pentus ? treize.
Bouts de murs ? cinq.
Lézards ? zéro.
Hauts arbres ? quatre.
Femme ? une.
Tapis ? aussi.
Poteaux ? pas mal.
Pylones ? moins.
Clochers? un.
Inventaire ? assez chiant.
Ensemble ? assez joli.


Quelquepart en Provence, par un matin d’ennui.

CS
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