HYPOCRITE
(et fourbe)
auteur FRÈRE MOIMÊME




En ces temps là les fourbes avaient la tête haute.
On  reconnaissait les fourbes à ce qu’ils portaient toujours le chapeau de quelqu’un d’autre.
Lorsqu’un fourbe parlait c’était pour mentir, aussi, régulièrement, de grands concours de fourberie étaient organisés.
Ces concours étaient appelés campagnes. Elles s’adressaient aux hypocrites.
On reconnaissait les hypocrites à ce qu’il ne pouvaient  jamais dire à quelqu’un qu’il s’était trompé de chapeau.

En ces temps là, les fourbes s'inventaient des sournoiseries enrichissantes qui salissaient tout, aussi bien l'eau de la mer que l'air des hameaux.
En ces temps là, les hypocrites s'abreuvaient de divers divertissements empoisonnés, fournis par les fourbes, afin que la saleté puisse 
aussi s'installer  au fin fond des esprits.
Parfois, lorsque le ronron du temps qui passe se faisait par trop ennuyeux, ou que la fourberie devenait un tantinet trop évidente, on faisait éclater, ici où là, une quelconque et funeste vérité. Aussitôt, les hypocrites allaient se battre pendant que les fourbes échangaient  leurs chapeaux.
Plus tard, dès qu’un nombre suffisant de morts était atteint, les fourbes décrétaient la paix entre les hypocrites qui avaient survécu.
Coiffés de leurs nouveaux chapeaux, les fourbes
livraient alors leurs tous nouveaux  mensonges et les hypocrites trouvaient toujours là une nouvelle occasion de le rester.

En ces temps là,
il n’y avait que des fourbes et des hypocrites, et tout allait pour le pire dans le malheur du monde,
CS
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